mardi 9 décembre 2014

Maurice De Vlaminck

Une palette de couleurs rompues, une atmosphère orageuse mais cependant lumineuse, de la profondeur dans les paysages, du mouvement, des personnages tout petits, voilà le style de peinture qui m'enchante et qui me fait dire que, décidément et définitivement, j'adore la peinture de Maurice de Vlaminck. Je peux rester des heures à contempler ces couleurs, la force du coup de pinceau, cette atmosphère quelque peu tourmentée où les phénomènes de la nature et les intempéries semblent dominer l'homme.
Maurice de Vlaminck est un peintre autodidacte, né a Paris le 04 avril 1876. D'un esprit contestataire, il se passionne pour les idées anarchistes et donne même quelques articles au Libertaire (journal anarchiste de l'époque : l'anarchiste libertaire conteste toute forme d'autorité, non seulement politique, mais aussi familiale, religieuse, judiciaire, professionnelle, etc). 
En 1900, il rencontre par hasard André Derain avec qui il se lie d'amitié. Il découvre Van Gogh qui l'impressionne considérablement par le jeu de ses couleurs pures et par la violence de ses accords chromatiques désinhibés de toute démarche intellectuelle, ce qui correspond parfaitement à son tempérament de rebelle. Il rencontre également Henri Matisse et décide alors de se consacrer d'une manière définitive a la peinture.



La folie haut Maurice De Vlaminck
 Image issue du site Le monde des arts

Etude d'un tableau

Les côtes de la mer
Au début des années trente, Maurice de Vlaminck a peint une suite de tableaux sur la côte atlantique française. La mer et le ciel étaient représentés par des accords fondus, violents, toujours nouveaux, le plus souvent dramatiques.
Dans ce tableau, la palette de couleur est réduite à quelques couleurs. Ce ne sont donc pas les couleurs du peintre qui retranscrivent un paysage fidèle mais sa manière généreuse et libre qui exprime une atmosphère. L'horizon divise l'image en mettant en valeur un ciel de plomb qui domine. Les parties gris-pâle des nuages descendant profondément vers la mer, correspondent à l'écume claire des ondes se réfractant sur la plage. Horizontalement, une couleur moins rompue (plus claire et plus lumineuse) montre le changement immédiat de surfaces. Le ciel et la plage, l'un contre l'autre mis, passent de couleurs claires à des tons plus sombres, si bien qu'on a une impression de profondeur. Si on regarde bien, on voit deux mouettes qui se fondent dans le ciel et un bateau à voile qui se fond à la mer. Si insignifiants que peuvent paraître ces inclusions, elles nous montrent cependant à quel point la mer et le ciel ont une force spontanée et déchaînée et à quel point le bateau et les animaux sont soumis à la violence de ces intempéries. Cependant, ils sont là et par cette présence, l'artiste se compare à eux, impuissant mais insoumis.